Effet des radiations sur les systèmes vivants

L’impact à très long terme d’une exposition chronique à de faibles doses de radiations ionisantes sur les systèmes vivants reste très largement méconnu. La découverte récente au Gabon par une équipe de l’université de Poitiers de fossiles d’organismes multicellulaires datés de deux milliards d’années environ tout prés du site des seuls réacteurs nucléaires naturels connus (Abder El Albani et al, Nature, Vol. 466 (2010), 100-104) pose la question de l’existence ou non d’un lien direct ou indirect entre l’émergence de la diversité biologique et les effets de la radioactivité. De nombreuses expériences in vitro ont mis en évidence les effets mutagènes des rayonnements mais elles ne permettent pas de mettre en évidence des effets multigénérationnels à long terme. Selon les organismes, de telles expériences d’évolution expérimentale prendraient de quelques dizaines à quelques milliers d’années. Les mines d’uranium, les filons d’uranium non encore exploités mais aussi les hydrosystèmes de sources naturellement radioactives abritent des écosystèmes sous irradiation chronique sur des dizaines d’années dans le cas des mines voire sur des centaines de milliers d’années dans le cas des sources ou des filons. Nous proposons dans le cadre de la ZA de nous intéresser en particulier à la biodiversité microbienne sous irradiation chronique et à l’effet des radiations sur l’expression et l’évolution de gènes de crustacés souterrains.
 
Par ailleurs, parce qu’il est perturbé, le vivant peut aussi constituer un marqueur privilégié de l’impact environnemental des activités anthropiques. Nous proposons donc d’étudier lla dendrologie en tant que marqueur/enregistreur des perturbations associées à l’exploitation des gisements d’uranium.